Week end du Dimanche 29 Sep 02
My comments at the bottom of the page
Double
noyade au bassin de la cascade Balfour
Les
trois camarades de Divyesh et Jayram : "A ène moment trouve zis zot latet
(…)Apré zot fine commence coulé doucement"
|
|
La
double noyade de deux étudiants de la Upper VI Eco du collège du
St-Mary's, à savoir Jayram Pudmanaboodoo et Divyesh Burah, lundi, dans le
bassin de la cascade Balfour, a été ressentie avec émotion et tristesse à
travers tout le pays. Hier, les trois camarades de classe qui les accompagnaient
en ce jour funeste, à savoir Leckraj Boodia, Kevin Seevathian et Niyanesh
Boodhoo, se sont de nouveau rendus sur les lieux du double drame, pour les
besoins de la reconstitution des faits. Les trois témoins du drame ont fait
ressortir qu'à un moment donné, leus amis, qui avaient plongé à deux
endroits différents, se sont arrêtés de nager. Eux, pensaient qu'ils
plaisantaient. "Ki arrive zot ? Zot pé bouge fixe ?" ont-ils
alors lancé à Divyesh et à Jayram. Or, il ne s'agissait pas du tout d'une
plaisanterie. À ce moment-là, Divyesh et Jayram avaient déjà rendez-vous
avec la mort…
Hier
matin, 9h. L'inspecteur Cateau, de la Criminal Investigation Division (CID) de
Beau-Bassin, avait donné rendez-vous aux trois témoins de la double noyade de
lundi, à savoir Leckraj Boodhoo, Kevin Seevathian et Niyanesh Baboo, au jardin
Balfour pour la reconstitution des faits. Celle-ci s'est déroulée en présence
du sergent Jeanine, photographe de la police, de même que les Draughtsmen
de la force, les constables Aliphon (Mme) et Pyneeandee. Week-End a
assisté à la reconstitution des faits. C'était également le moment pour les
trois jeunes de se recueillir sur les lieux où leurs camarades de classe ont péri.
Sous leurs yeux. C'est après avoir observé une minute de silence que les trois
jeunes ont indiqué du doigt les différents endroits où leurs amis ont fait
leur entrée dans l'eau et se sont retrouvés en difficulté.
Ce
lundi matin-là, seule la présence de Divyesh Burah, une des deux victimes,
avait été notée au collège St-Mary's. Il s'était rendu à l'école pour y déposer
son Report Book. Pourtant, au moins deux autres étudiants, à savoir
Jayram Pudmanaboodoo, la deuxième victime, et Kevin Seevathian, l'un des trois
témoins, ont été déposés par leurs parents respectifs devant l'enceinte de
l'école. Ils ne s'y sont pas rendus. Les indications recueillies par Week-End
de divers recoupements indiquent que c'est aux alentours de 9h lundi que les
cinq jeunes sont arrivés au jardin Balfour. Là, ils rencontrent Veera Moonien,
cleaner au jardin. Celui-ci les interroge :
-
Ki zot pé vine fer là ? Zot pas alle l'école ?
-
Non. Ena l'examen. Tantôt nou pou composé. Nou fine vine guette
Cascade.
Le
cleaner insiste :
-
Pas reste là, zot bizin alle l'école, sinon mo appelle garde.
Les
cinq essaient de l'en dissuader :
-
Ton ! Pas fer ça ! Nous banne zenes cool nu. Taler nu pou alle composé là.
Nous finn vini pu guette cascade et relax impé. Kot view point été ?
Veera
Moonien leur dit alors :
-
Alle kot derrière parc tortue pou zot gagne ène meilleure vue alors.
À
Week-End qui l'interrogeait, hier matin, Veera Moonien poursuit : "Mo
ti trouve zot pé guette Cascade, après zot finn disparet en l'espace dix
minutes. Mo pas fine trop pran compte, parce qui beaucoup zénés et bann fami
vine ici pou guette cascade. Zot fine traverse fencing pou alle lot koté…"
La barrière, principal obstacle rencontré par les garçons, franchie, ils
devaient longer celle-ci sur une centaine de mètres environ avant d'emprunter
le sentier qui descend vers la cascade. En cours de route, les garçons font une
autre rencontre : celle de Edouard Carpouran Julienne, 76 ans. Celui-ci est en
quelque sorte, le maître des lieux. Il se rend pratiquement tous les jours au
bassin de la cascade pour y pêcher des crevettes d'eau douce et des poissons.
Il était peu avant 10h quand il rencontre les garçons. Ceux-ci lui demandent
le chemin à emprunter pour se rendre au bassin de la cascade. Selon la version
de Edouard Carpouran Julienne à la police, les garçons voulaient s'y rendre
pour s'y baigner. Il devait leur indiquer le chemin en leur recommandant la
prudence. À un moment donné, il devait entendre des cris provenant du bassin.
Il pensait que les jeunes étaient à s'amuser. Vers 11h, Kevin, Leckraj et
Niyanesh accourent vers le septuagénaire. Jayraam et Divyesh manquent à
l'appel. "Deux nu bann camarades finn plongé, pas finn remonter. Aide
nous !" Edouard Carpouran est comme tétanisé. Il ne peut rien pour
eux à cause de leur âge avancé. Il demande alors aux jeunes d'aller alerter
au plus vite ceux qui s'occupent de la sécurité au jardin Balfour. Mais que
s'est-il passé exactement avant ?
Kevin,
Leckraj et Divyesh ont donné leurs explications à l'inspecteur Cateau et ses
hommes de la CID de Beau-Bassin dans le cadre de l'enquête policière. Hier
matin, ils ont indiqué les emplacements exacts où leurs amis sont entrés dans
l'eau, se sont retrouvés en difficulté et ont coulé. Dans un premier temps,
Diyesh et Jayram sont entrés dans l'eau. Il y avait un intervalle d'une dizaine
de mètres entre les endroits respectifs où ils ont pénétré dans l'eau.
"Sakenn fine jete so koté. Dans dilo zot ti ensam parski zot ti nagé pou
alle lot boutte bassin", devaient expliquer les trois jeunes, qui, eux,
n'ont pas nagé parce qu'ils avaient peur. "Nu pas finn nagé parski nu
ti per. Juste Boodia (NDLR : Leckraj, un des survivants) ki konne nagé.
Deux parmi nu pas konne nagé. Bassin là ti fer trop peur. En plus jamais nu
finn nagé dans la rivière ou dans bassin," ont expliqué Kevin et
Niyanesh.
Mais,
à un moment, lorsque les deux jeunes - qui, selon leurs camarades - tentaient
de traverser d'une extrémité du bassin à l'autre, c'est le drame. Les trois
qui assistent à la scène sur la berge du bassin Balfour ne comprennent pas ce
qui se passe dans un premier temps. Mais ils réalisent que leurs amis
sont en difficulté. Divyesh Burah sera le premier à s'enfoncer dans l'eau.
Suivi de Jayram. Selon les indications données à la reconstitution des faits,
hier, les deux jeunes se trouvaient entre 30 et 35 mètres de la berge quand ils
ont commencé à perdre pied. "A ene moment nu fine trouve zot reste en
place. Nou ti croire zot pé badiné. Nous dire : "ki zot gagné, zot bouge
fixe aster là. Burah (NDLR : Divyesh) finn kumens coulé premier, après
sa Jayram. Nous kumens paniqué. À enn moment trouve juste zot la tête. Après
zot finn kumens coulé doucement, doucement," ont expliqué les témoins
de la scène.
Les
trois amis ont bien tenté de venir en aide à leurs copains mais comment ? Deux
d'entre eux ne savaient pas nager et le troisième n'a jamais nagé dans une
rivière ou dans un bassin. Ils devaient avoir l'idée de tendre une branche aux
deux qui coulaient, mais ils étaient à ce moment-là bien trop loin d'eux pour
leur tendre un morceau de bois. Leckraj, Kevin et Niyanesh devaient alors
remonter vers la surface pour chercher de l'aide.
C'est
aux alentours de 12h15 que le Police Information and Operations Room (PIOR)
devait recevoir un appel anonyme provenant d'une cabine à la place Margéot,
Rose-Hill, dont la teneur était : "Nu finn trouve deux dimounes noyers
dans bassin Balfour." Selon les recoupements de Week-End, il
devait s'avérer que c'était Niyanesh Baboo qui avait appelé le 999.
Les
secours devaient alors s'organiser et arriver sur les lieux du double drâme aux
alentours de 12h30. Les plongeurs de la SMF et du GIPM devaient se mettre résolument
à la tâche et tenter de retracer les corps des deux étudiants. Mais aux
alentours de 16h30, ils doivent baisser momentanément les bras. Les recherches
sont stoppées à cause de la mauvaise visibilité qu'éprouvent les plongeurs
à aller au-delà des 12 mètres. Les recherches devaient reprendre le lendemain
mardi. Et c'est vers 8h que les corps des deux jeunes sont retrouvés par 10 mètres
de profondeur, près l'un de l'autre. Les autopsies, pratiquées par le Dr
Satish Boolell, ont attribué les décès à l'asphyxie par la noyade. Les funérailles
de Divyesh et Jayram ont eu lieu mardi après-midi dans la tristesse générale.
Les
trois témoins du double drame, que Week-End a sollicités, hier, pour un
commentaire lors de la reconstitution, visiblement éprouvés encore, se sont
abstenus de toute déclaration. Pour Manickchun Boodia, père de Leckraj, un des
trois témoins du drame, la nouvelle a été un choc pour toute la famille. "Nous
avons tous été choqués par cette nouvelle. Mon fils est toujours sous le
choc. Il est comme traumatisé depuis le drame. Mais nous devons tout faire pour
l'encadrer et l'aider à retrouver le moral, d'autant plus que ses examens
approchent. C'est dur, vraiment dur ce qui s'est passé au Cascade Balfour, mais
quelque part, il faut se dire que la vie continue. Au nom de ma famille et
surtout de mon fils, je tiens à transmettre mes sincères condoléances aux
deux familles endeuillées suite à ce drame. Je comprends leur souffrance,"
a-t-il déclaré en substance. Pour l'oncle de Kevin Seevathian, autre témoin,
Kevin a été profondément marqué par la disparition de ses deux amis. "Kevin
a été très marqué par ce drame. Depuis lundi, il ne parle plus. Il ne dit
pas un mot. Il est traumatisé depuis," nous a-t-il confiés.
Au
collège du St-Mary's, le choc a été à son apogée dès lundi à l'annonce de
la nouvelle. Divyesh, Jayram, Kevin, Leckraj et Niyanesh ont choisi l'école
buissonnière au Remedial Tests actuellement en cours. Ces examens sont
destinés aux élèves s'apprêtant à concourir pour les SC et HSC. En
cette période, le contrôle de l'accès aux portes de l'établissement est
rendu plus difficile. D'où le fait que le départ de Divyesh Burah de
l'enceinte du collège est passé inaperçu après qu'il eut déposé son report
book. L'annonce de ce drame a, depuis hier, plongé le collège St Mary's
dans une profonde consternation. Jayraam et Divyesh y étaient considérés
comme des élèves modèles.
Dans
les yeux de Kevin, Leckraj et Niyanesh à la reconstitution des faits hier, on
pouvait lire toute la tristesse du monde. Des pétales de roses ont été déversées
sur le bassin, afin de rendre un dernier hommage à ces deux jeunes qui s'en
sont allés un matin de septembre.
Témoignages
"La
mort rôde souvent à Cascade Balfour"
La
Cascade de Balfour, lieu très prisé pour les randonnées, sorties en pleine
nature et pour les habitués de l'école buissonnière, est également décrié
comme un endroit dangereux où "la mort rôde souvent". Les préposés
du jardin, qui y travaillent depuis plus d'une dizaine d'années, s'appuient sur
la double noyade de lundi dernier pour rappeler combien de personnes ont connu
des fins tragiques ou ont failli trouver la mort en se hasardant sur ses pentes
abruptes et en plongeant dans le bassin dont la profondeur demeure jusqu'ici un
secret.
"Souvent
banne jeunes garçons et jeunes filles descende en bas. Depi là-haut nou trouve
zot. Nous entand zote pé crié pé amusé. Mais beaucoup fine gagne problème
aussi. Beaucoup fine faire face difficulté. Certains fine mort. D'autre fine
perdu, tombé, blessé…", racontent les deux cleaners en poste au jardin
depuis de longues années.
Mario
Dimba, watchman au jardin depuis une dizaine d'années, parle des mésaventures
des jeunes qui y vont en randonnée ou encore des tentatives de suicide dont il
a été témoin. "Je connais des gens qui ont trouvé la mort dans ce
bassin. Li pa éna profondeur. En bas éna la boue et la liane. Li très
dangereux pou nager. Ena fine tasse dans la boue. Ena ène cas ou lorsqui ti pé
faire ène sauvetage, zot fine retrouve ène dimoune en difficulté, zot fine
retrouve ène lot cadavre. Ene jour mo fine même empêche ène jeune tifi saute
dans le vide. Cas qui plus récent mo rappelé, c'est ène groupe de jeunes ki
fine reste en bas après 5h après-midi. Ti commence faire noir et ene sel garçon
fine réussi remonté. Deux tifis et deux garçon tine perdu. Pas kone chemin et
zotte pé peur pou monté. Mo fine bizin descende et alle cherche un par un.
Banne tifis là ti en larmes… Facile trouve la mort la-bas !", dit-il.
Bon
nombre de personnes ayant été à la Cascade Balfour prétendent avoir eu des
sueurs froides en s'aventurant dans le bassin. "C'est impressionnant.
C'est quand on plonge dans le bassin qu'on réalise vraiment à quel point c'est
dangereux. J'ai un ami qui a falli y rester en essayant de plonger le plus
profond possible. Il était coincé entre d'épaisses lianes et il ne pouvait
plus s'en dégager. Heureusement qu'on a pu le secourir à temps",
raconte, pour sa part, un ex-élève du St Mary's College.
Pour
ceux qui fréquentent le jardin de Balfour, l'installation des panneaux
d'avertissement, le renforcement du grillage et un contrôle strict - permis de
la municipalité de Beau Bassin/Rose-Hill - demeure des mesures nécessaires
pour éviter des drames comme celui de lundi dernier.

MARDI 24 SEPTEMBRE 2002
Cascade-Balfour, à 8h00 ce matin
Les corps de Jayraam et Divyesh retrouvés à 10 m de profondeur
|
|
|
|
|
Un des corps ramené à terre ce matin, du bassin de la cascade
Balfour, par des plongeurs du GIPM. En médaillon, un des noyés,
Jayraam Oodmanah Boodhoo |
Les corps de deux élèves du collège St-Mary's, Divyesh Burah, 19 ans, et Jayraam Oodmanah Boodhoo, 18 ans, portés disparus, hier, après une partie de plongée au bassin de la cascade Balfour, ont été retrouvés vers 8h00 ce matin par dix mètres de profondeur par les plongeurs du Groupement d'intervention de la police mauricienne (GIPM) et de la Special Mobile Force (SMF). Leurs corps devaient être transportés à la morgue de l'hôpital Victoria, Candos, aux fins d'autopsie. Leur décès serait dû à l'asphyxie par noyade. A l'hôpital Candos, au collège du St-Mary's, comme à Poudre-d'Or et à Cité-Kennedy, où habitaient respectivement Divyesh et Jayraam, c'est la consternation. Il s'avère que le jeune Divyesh s'était rendu à l'école hier matin pour y déposer son Report Book avant de s'en aller.
Les recherches entreprises par les plongeurs du GIPM et de la SMF, placés sous la responsabilité du sergent Heerah, ont connu un dénouement vers 8h00 ce matin. Les corps de Divyesh et de Jaayram devaient être découverts par 10 mètres de profondeur. L'un des deux portait son pantalon d'école tandis que l'autre un slip.
Selon les indications recueillies par Le Mauricien dans les milieux de l'opération, les corps des deux amis étaient proches l'un de l'autre. " C'était une image déchirante. Les deux jeunes étaient allongés sur le dos. Ils étaient séparés par trois à quatre mètres environ ", nous a-t-on indiqué.
Il ressort que l'endroit où les corps ont été découverts est rempli de boue et de goémons, ce qui n'a pas facilité la tâche des plongeurs. " L'opération était assez difficile. Nous n'avons pas eu de chance hier, mais la réussite était avec nous ce matin. C'est dommage pour ces jeunes. Ils se sont aventurés dans un endroit très dangereux, où le courant est très fort et les tourbillons nombreux ", nous a déclaré un des responsables des opérations sur le terrain.
Lorsque les parents et proches des deux jeunes devaient apprendre que leurs corps avaient été retrouvés, ils ont été nombreux à faire le déplacement, ce matin, pour l'hôpital Victoria, Candos. L'arrivée des corps à la morgue, aux alentours de 9h00 ce matin, a été un moment plein d'émotion, nombreuses étant les personnes présentes ne pouvant contenir leurs larmes lorsque les corps ont été retirés du Mortuary Van.
" Ki fer to finn alle là-bas ? ", ne cessait de demander une des tantes de Divyesh Burah, au bord de l'évanouissement. Les parents du petit Divyesh, a appris Le Mauricien, n'ont pas effectué le déplacement à Candos, une foule importante s'étant massée à la maison mortuaire à Poudre-d'Or.
Parmi la foule se trouvant aux abords de la morgue attendant les conclusions du médecin légiste, Satish Boolell, un garçon joufflu, les yeux rougis par les larmes, tentait, tant bien que mal, de soutenir son père, Rajan. Ce garçon, Veemaul, 13 ans à peine, est le petit frère de Jayraam. Encore sous le choc, il hésite à nous parler.
"Aide nous !"
D'une voix faible et hésitante, il nous explique que, depuis une semaine, lui, élève du collège Eden de Rose-Hill, ne faisait plus le trajet chaque matin en compagnie de son grand frère, cela à cause des examens qui ont commencé. " Li ti enn bon garçon, enn bon frère, enn bon kamarade. Li ti kontant tout : la musique, football, li ti kontan apprann oussi. Li ti bien trankil ", nous a-t-il déclaré, avant d'ajouter ne pas comprendre comment une telle chose avait pu arriver. Jayraam, son frère, était un fan de Liverpool et caressait le rêve de voir son équipe jouer, assis dans le légendaire Kop d'Anfield Road.
A l'avenue Légalité, Cité-Kennedy, ce matin, nombreux étaient ceux et celles venus présenter leur sympathie à la famille endeuillée. Les habitants de la rue se disent doublement bouleversés, " un autre deuil est survenu à une cinquantaine de mètres " de la maison des Boodhoo. " Ti enn bon garçon ça ", disent les voisines de Jayraam.
Hier matin, Rajan, père de Jayraam, avait lui-même déposé son fils au collège. Il ne comprend toujours pas comment une telle chose a pu arriver : " Mo toujours pas kompran… " Devi, sa mère, ne peut parler. Elle pleure à chaudes larmes à chaque évocation de son fils. La douleur se lit sur le visage de tous ceux présents.
Dans d'autres pièces de la maison, on s'affaire pour les funérailles de cet après-midi. Le canapé est déjà prêt. On attend l'arrivée du corps. Devi continue de pleurer à chaudes larmes. " Li pas finn arret ploré dépi hier soir ", nous déclare son fils.
C'est aux alentours de 12h15 hier que le Police Information & Operations Room (PIOR) devait recevoir un appel anonyme provenant d'une cabine à Place Margéot, Rose-Hill, dont la teneur était : " Nou finn trouve deux dimounn noyer dans bassin Balfour. " L'alerte devait être immédiatement donnée. Des officiers de la Special Mobile Force (SMF), du Groupement d'intervention de la police mauricienne (GIPM), des policiers de Rose-Hill et de Beau-Bassin devaient être dépêchés sur les lieux.
Un témoin oculaire, Edouard Carpouran Julienne, 76 ans, devait faire ressortir qu'il avait effectivement indiqué le chemin à emprunter à cinq collégiens qui voulaient faire trempette dans le bassin de la cascade Balfour. " Mo ti pé tann zot crier. Zot ti paret pé amuser ", devait-il faire ressortir. Il était alors aux alentours de 10h00. Edouard Carpouran Julienne, lui, s'adonnait à la pêche.
Environ une heure plus tard, trois des cinq jeunes accourent vers le septuagénaire. Jayraam et Divyesh manquent à l'appel. " Deux nu bann camarades finn plongé, pas finn remonter. Aide nous ! " : tel devait être l'appel lancé par les trois jeunes, paniqués. Le septuagénaire, trop âgé pour leur venir en aide, ne put grand-chose, si ce n'est que de leur dire d'informer rapidement les vigiles affectés au jardin Balfour.
Les secours devaient arriver sur les lieux du double drame aux alentours de 12h30. Les plongeurs de la SMF et du GIPM devaient se mettre résolument à la tâche et tenter de retrouver le corps des deux collégiens. Cependant, aux alentours de 16h30, ils ont dû arrêter leurs recherches, les plongeurs ne pouvant voir en dessous de 12 mètres. Un des plongeurs ayant pris part à l'opération d'hier devait déclarer au Mauricien : " Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour essayer de les retrouver, mais nous avons été desservis par le manque de visibilité sous l'eau. Il est un fait que le bassin Balfour se trouve au fond d'une sorte de ravin profond et la lumière du jour devait faiblir rapidement en cette fin d'après-midi. Nous allons mettre les bouchées doubles demain (Ndlr : ce matin) pour les retrouver. Nous y parviendrons ", devait-il faire ressortir, optimiste.
À 7h45 hier matin, Divyesh Burah, l'un des deux élèves qui a trouvé la mort dans le bassin de Balfour, était dans l'enceinte du collège St-Mary's. " Il est venu et a déposé son Report Book à la porte ", explique ce matin Carlo de Souza, recteur de l'établissement de Rose-Hill.
Profonde consternation
Cependant, à 8h30, soit juste après l'assemblée et au moment de la prise des présences, l'élève ne se trouvant pas en classe était déclaré absent dans le registre des élèves du collège. Il était de même pour son compagnon d'infortune et de ses trois autres amis avec qui il devait plus tard se rendre au jardin Balfour. Quant aux quatre autres, selon les premiers éléments de l'enquête policière, ils ne se seraient présentés au collège à aucun moment.
Ce lundi 23 septembre, Divyesh Burah, Jayraam Oodmana Boodoo et leur trois amis auraient donc préféré l'école buissonnière aux Remedial Tests actuellement en cours au collège St-Mary's. Réalisés dans des conditions similaires à celles de Cambridge, ces examens, explique Carlo de Souza, sont destinés aux élèves s'apprêtant à concourir pour les SC et HSC. En cette période de Remedial Tests, poursuit le recteur, " il y a des allées et venues d'élèves qui rentrent tôt ou qui commencent plus tard à différents moments de la journée " - de ce fait, laisse-t-il entendre, le contrôle aux portes de l'établissement est rendu plus difficile. D'où le fait que le départ de Divyesh Burah de l'enceinte du collège est passé inaperçu hier, après qu'il eût déposé son Report Book.
L'annonce de ce drame a, depuis hier, plongé le collège St-Mary's dans une profonde consternation. Jayraam et Divyesh y étaient considérés comme des élèves modèles, " des élèves sans histoire, avec qui nous n'avons jamais eu le moindre problème ", dit Carlo de Souza. Ce matin, la situation semblait la même dans l'établissement, où la préparation pour les examens de SC et de HSC continuait. Il était prévu que les camarades de Jayraam et de Divyesh se rendent plus tard aux funérailles. Avant 10h00, cependant, l'un des trois compagnons de Divyesh et de Jayraam était au collège en compagnie de son père pour une rencontre avec le recteur. " Il m'a donné sa version complète des faits, en toute franchise. Hier, je lui avais parlé et il m'avait expliqué ce qui s'était passé. Par la suite, j'ai donné une déposition à la police. Bien qu'il était alors très inquiet, l'élève a néanmoins accepté de donner à son tour une déposition à la police ", nous a déclaré le recteur du collège St-Mary's.
Carlo de Souza ajoute qu'il a également rencontré les parents d'un autre des rescapés, et à 10h00, attendait toujours que ceux du troisième élève prennent contact avec lui. Dès hier, un des responsables du collège est allé à la rencontre des parents de Jayraam Pudmanaboodoo, à Cité-Kennedy. Ceux de Divyesh Burah étaient quant à eux au St-Mary's dans l'après-midi d'hier.
"Une analyse s'impose"
" Nous avons fait de notre mieux pour éviter l'absentéisme durant le troisième trimestre. Mais je ne comprends pas comment des élèves de la Upper Six ont choisi de faire l'école buissonnière dans un tel contexte ", ajoute M. de Souza. Les Remedials Tests, explique-t-il, en sus de préparer les collégiens aux examens finals, comptent aussi pour 10 % du contrôle continu. " Une explication qui m'a été donnée - et qui ne me convainc pas - veut que ces élèves n'envisageaient pas de faire la Third Year l'année prochaine ", poursuit le recteur.
Si les responsables du collège St-Mary's comptent renfoncer les mesures pour prévenir d'autres escapades, le recteur de l'établissement est aussi d'avis que les causes de l'absentéisme doivent être analysées à tête reposée. " Une analyse s'impose à tous les niveaux pour expliquer ce comportement. Mais pour l'instant, ma priorité est de rester auprès des parents des enfants qui ne sont pas rentrés chez eux hier ", a-t-il conclu.
A l'heure où nous mettions sous presse, Le Mauricien devait apprendre que les éléments de la CID de Beau-Bassin devaient consigner la déposition d'un des trois amis des noyés. Ce dernier aurait confirmé que seuls Jayraam et Divyesh avaient pris un bain dans la cascade Balfour.
| My
opinion
Funny how people love to read about these stories where others die or get drowned. All papers talked about the accident, giving opinions and putting on their expert hats and socks. But did someone ever mention that one of the boys died trying to look for his friend? This boy died a hero, giving his own life in a vain attempt to save his friend. Did he know what he was doing? Did he know that he was about to lose his own life? Probably not. Would he have done it, knowing he was never going to walk out? I don't know. But the fact remains that one lad, out of courage and determination, lost his own life to try to save his friend's. He gave a gift, the greatest one can ever give, his own life. But people chose not to think. People love to read and comment. Be it known that a hero has died. A few lessons to draw are
have a great swim. Krish |
[Home] [Contact] [Canyoning} [Hiking] [Climbing] [News Articles] [Environmental issues]
[Team Building] [Safety and Rescue] [Photo Gallery] [ Weather in Mauritius] [About us]
(c) Vertical World Ltd 2002 Site updated by Quiverer