Ile Maurice.Dimanche 20 avril 2003 - No.14668
Page préparée à 12h00 (heure de Maurice)
 

Loisirs

Des voyagistes en quête d'émotions fortes

Pour sa rencontre annuelle avec les agences de voyage, British Airways a misé cette fois sur les activités de plein air : trekking dans la région de Moka, escalade et tyrolienne. Reportage.

 

L'un des jeux consiste à descendre en rappel au fond de la cascade et remplir un seau d'eau.

Pour les premiers arrivés, ce mardi 15 avril à la maison Eureka, c'est déjà le parcours du combattant. Personne pour leur dire où se déroulera le briefing de cette journée particulière. Certains tournent en rond dans la vaste cour de cette belle maison créole de Moka. On peut croire que le jeu a déjà commencé, mais non. Il faut d'abord assister à une brève présentation des nouveaux produits de British Airways (BA) et au lancement de la nouvelle formule Executive Club, qui a pour objectif de fidéliser ses clients.

Quand Vicky Lanza, directrice de BA pour Maurice, et son collègue Thierry Arékion commencent à donner l'emploi du temps qui a été préparé, les vingt participants retiennent leur souffle. Il n'y a parmi eux - chose étrange - que deux garçons. Pourquoi si peu éléments masculins ? " C'est comme ça. Dans les agences de voyage, il y a davantage de filles que de garçons. Peut-être que la gent féminine est plus douée pour l'accueil. Mais j'avoue que je ne souscris pas du tout à cette idée car je pense que les garçons peuvent aussi s'en tirer à merveille ", répond Thierry Arékion. Revoilà l'égalité des sexes qui montre le bout du nez.

" Que ceux et celles qui ne se sentent pas prêts à prendre des risques s'abstiennent car nous n'avons aucun intérêt à ce que quelqu'un finisse la journée avec un bras ou une jambe cassée. " Un profond silence accueille les propos de Vicky Lanza. On sent que certains ont la gorge nouée. Le ton est donné d'emblée. Le parcours accidenté, boueux et glissant à cause des pluies diluviennes, n'arrange rien. Ce ne sera pas un jeu d'enfant. De plus, les nuages qui couvrent le ciel semblent vouloir inquiéter davantage les participants, déjà pas très rassurés. Mais qu'importe, le vin est tiré et il faut le boire. On se ressaisit donc et on y va avec le sourire.

À onze heures trente, notre " convoi " s'ébranle et la lente marche à flanc de falaise commence en direction du lieu des épreuves. C'est à peine si l'on entend un murmure. Nous sommes presque arrivés. Il ne reste plus qu'à traverser une passerelle en bois qui surplombe une cascade rugissante pour pouvoir enfin se débarrasser de la boue accumulée sous nos semelles. Quelques activités plutôt ludiques sont alors organisées, histoire de mettre tout le monde dans l'ambiance.

Tous sont boueux mais heureux !

Après le déjeuner, les choses sérieuses commencent. Alors qu'un groupe s'essaye à l'escalade d'un arbre, d'autres se lancent à plat ventre sur un radeau au milieu de la rivière. Une troisième équipe s'attelle à préparer celle qui doit descendre la cascade en rappel et remonter avec un seau rempli d'eau. Le but du jeu est de remonter le maximum d'eau en un minimum de temps. C'est Marie-Noëlle, de l'agence Concorde, qui est chargée accomplir cette tache pour le moins insolite et acrobatique. Il faut dire que cette dernière est beaucoup plus à l'aise sur un court de tennis ou dans un tutu. Elle se débrouille pourtant bien et en garde une bonne impression " C'était merveilleux ! C'est la première fois que je le fais et je suis très contente ", dit-elle, une fois débarrassée de son harnais de sécurité. La deuxième à passer au-dessus des eaux tumultueuses de la cascade est Joëlle, de chez Harel Mallac Travel. " C'était mari bonne. Je recommencerais volontiers ! ", assure-t-elle.

Quelques mètres plus loin, Krish Hurdowar affiche la satisfaction. L'entreprise Vertical World, dont il est le directeur (voir hors-texte ci-dessous), a pris la responsabilité d'organiser toutes les épreuves sportives. Il a gagné son pari ! Les invités ont tous des vêtements maculés de boue, mais ce qui compte, c'est qu'ils sont heureux !

Laval JULIE

 

KRISH HURDOWAR, 26 ANS, DIRECTEUR DE VERTICAL WORLD* :

" Il n'y a pas de danger en soi, seulement des facteurs de risque "

   

 

Les activités de plein air telles que les randonnées, les escalades et les descentes en rappel, c'est au collège du St-Esprit que Krish Hurdowar les décou-vre. Il participe alors à ces escapades dans le cadre des activités du National Youth Council du ministère de la Jeunesse et des sports. " Depuis, je n'ai jamais quitté ce monde. Après l'école, j'ai fait beaucoup de recherches et j'ai suivi des stages avant d'obtenir mon brevet de technicien à la Réunion. Ce diplôme me donne le droit d'organiser de telles activités et de former des gens, notamment au secourisme ", explique-t-il. L'ironie est qu'en dépit de nombreux discours sur l'écotourisme, le métier n'est pas encore reconnu à Maurice. Ailleurs, il existe plusieurs termes pour le désigner : encadreur ou moniteur de plein air, Mountain Outdoor Educator dans les pays anglophones. Cette absence de reconnaissance officielle fait que n'importe qui peut exercer ce métier avec les dangers que cela comporte si toutes les mesures de sécurité ne sont pas prises. " L'équipe de Vertical World est souvent sollicitée pour des travaux en hauteur, surtout quand l'installation d'échafaudages est pratiquement impossible.

Nous avons les aptitudes et le matériel nécessaires pour atteindre des endroits considérés comme inaccessibles et assister les ingénieurs en bâtiment ou prendre des photos ", poursuit-il.

Ces activités peuvent aussi aider à développer sa personnalité, à communiquer, avoir l'esprit d'équipe et apprendre la débrouillardise, ajoute-t-il.

En ce qui concerne l'écologie, Krish Hurdowar regrette que certains sites ne soient pas respectés. Trop souvent, sous prétexte de faciliter la circulation, le béton remplace des petits coins de nature qui devraient être laissés dans leur état premier si l'on voulait vraiment développer le tourisme vert. " Je suis presque tenté d'appeler cela "l'écoterrorisme". Avec le projet d'hôtels à Bel-Ombre, je m'interroge sur le sort de la belle forêt qui s'y trouve. Autrefois, nous avions beaucoup d'endroits intéressants à découvrir et très peu de visiteurs, alors qu'aujourd'hui c'est le contraire ! Je pense que les autorités devraient en tenir compte ", insiste-t-il. Ses lieux de prédilection sont Eau-Bleue, Sept-Cascades et Alexandra Falls.

Krish Hurdowar invite les Mauriciens à pratiquer davantage d'activités de plein air. " Il n'y a pas de danger en soi, il n'y a que des facteurs de risque ", dit-il. Il explique la différence entre dangers objectifs et subjectifs. " Les premiers représentent les chutes de pierre, les chutes individuelles et autres syncopes. On peut les prévenir par des mesures de sécurité rigoureuses. Mais il y a les dangers subjectifs qui se traduisent par la peur irrationnelle du vide. L'individu devient alors difficile à gérer, d'où des risques accrus ! "

Le prix d'une sortie avec l'équipe est de Rs 650 par personne (tarif étudiant : Rs 500) repas non compris. Dans le cadre des vacances scolaires, Vertical World Ltd organise Vacances Aventures - des descentes en rappel à Réduit, Pont-Colville, Sept-Cascades et Eau-Bleue et des cours d'escalade à Belle-Vue.

Pour plus d'informations et inscriptions, consultez
le site Web : verticalworldltd.com.
*BP 289, Curepipe. Tél. : 254.66.07.
Fax : 395.32.07. E-mail :vertical@verticalworldltd.com