Week-End/SCOPE
VENDREDI 2 MAI 2003

loisirs


RANDONNÉE

Ne pas faire fausse route…

Une fois de plus, la semaine dernière, des excursionnistes ont passé la nuit à Sept Cascades après s'être égarés. Trajet de randonnée fort intéressant, il compte toutefois quelques pièges qu'il convient de savoir éviter. Le tout est de prendre des précautions de base pour faire face à d'éventuels incidents.

Dans la soirée de mercredi à jeudi, ce fut cette fois au tour de quatre jeunes de 11 à 24 ans de passer la nuit, de manière inattendue, quelque part au milieu de arbres, à Sept Cascades. Ces derniers s'étaient retrouvés égarés après qu'une attaque d'abeilles sauvages, connues comme mouches zako, eut semé la panique au sein de leur groupe composé, au départ, de sept personnes. Deux d'entre eux, une adolescente de 11 ans et une femme de 26 ans, furent sérieusement piquées tandis que l'équipe s'égara en tentant de se mettre à l'abri. Si, après deux heures trente de marche à travers les arbres, l'aînée de la bande parvint à rejoindre Henrietta pour donner l'alerte, il fallut une importante mobilisation et des heures pour évacuer les autres. Les deux blessées furent retrouvées tard dans la soirée et transportées à l'hôpital après avoir reçu les premiers soins au fond de la vallée. Elles s'étaient égarées entre les troisième et quatrième cascades à une soixantaine de mètres de la rivière. Quatorze heures de recherches ont été nécessaires pour retrouver leurs compagnons avec lesquels toute communication avait été coupée. Les secouristes et leurs proches restèrent sans nouvelles des excursionnistes durant toute la nuit. Ce n'est que le matin qu'ils furent retrouvés, loin de la piste balisée, coincés sur une pente une centaine de mètres en dessous du crématoire d'Henrietta. Tout un système de cordage dut être déployé pour leur venir en aide. Remontés sains et saufs, visiblement en état de choc, les excursionnistes ont parlé d'une dure nuit passée dans le froid, livrés aux incessants assauts des moustiques qui pullulent dans cette zone humide.

Sauve qui peut. Compte tenu des précédents drames survenus sur ce même trajet, les sept randonneurs peuvent se considérer chanceux. En 1998, une fillette avait fait une chute mortelle dans l'une des cascades en voulant fuir une attaque de mouches zakos. Plus récemment, un homme a eu une fracture à la jambe après une chute. Là encore, il tentait de fuir les abeilles sauvages et a dû être évacué, en brancard, par les secours. On ne compte plus le nombre de personnes et de groupes qui se sont retrouvés en difficultés dans la vallée après s'y être égarés. Si quelques uns ont pu retrouver le sommet, après maintes péripéties, d'autres ont été contraints d'y passer la nuit. Si ce trajet est particulièrement apprécié des randonneurs, les interventions des secouristes, regroupant membres des forces de l'ordre et volontaires, y sont régulières. Ce, malgré les mises en garde et les signes de pistes peint en blanc par la SMF.

Fausses pistes. Généralement, les excursionnistes accèdent à la vallée des Sept Cascades par deux principales voies. La première, à quelques mètres de la gare routière d'Henrietta, descend directement vers la station hydro-électrique du CEB. La seconde commence dans le sens opposé, soit, non loin du réservoir Tamarind Falls, au niveau de la première chute à partir du haut. Dans les deux cas, il s'agit pour les randonneurs de parcourir la vallée sur une vingtaine de kilomètres le long d'un sentier longeant la rivière d'un côté et traversant les cascades faisant de 10 à 55 mètres. À un moment, toutefois, le parcours est interrompu par l'une des principales chutes, contraignant les randonneurs à improviser une voie à travers la forêt ou à remonter vers la route par l'une des voies de sortie. Généralement, c'est à ce moment que les excursionnistes, qui ne connaissent pas bien la région, font fausse route. En effet, les sentiers de sortie se distinguent à peine des faux sentiers qui conduisent au milieu de la forêt ou au pied de falaises difficilement franchissables. Certaines de ces fausses pistes, explique Govind Tannoo, guide de la région, sont les œuvres des cueilleurs de goyaves de Chine. De son côté, Krish Hurdowar, directeur de la compagnie Vertical World Ltd, explique que les pertes à Sept Cascades sont principalement dues à une mauvaise préparation. Souvent, c'est le temps qui joue contre les randonneurs, ces derniers se retrouvant soudainement surpris par l'obscurité. Toute progression est alors hasardeuse en raison des pentes abruptes et glissantes et des précipices dissimulés par la végétation. L'idéal, dans une telle situation, est de rester sur place dans l'attente des secours.


Conseils

Comme règle de base pour toute randonnée : une préparation minutieuse. Ce qui comprend, avant tout, comme l'explique Krish Hurdowar, de s'assurer que la météo est propice pour une sortie. Côté précautions, il est conseillé aux excursionnistes de ranger dans un coin de leurs sacs à dos du matériel supplémentaire : vêtements chauds, nourriture et boisson supplémentaires, torche électrique, réchaud portatif et une trousse de premiers soins. Il est aussi important de prévenir l'un de ses proches du trajet choisi et de l'heure approximative du retour, car, dans certaines régions - dont Sept Cascades -, la communication par téléphone portable étant difficile, cette précaution s'avère souvent déterminante en cas de perte. En cas de difficulté, les autorités policières doivent être informées puisque ce sont elles qui organisent les secours. Il est aussi fortement conseillé de louer les services d'un des guides habitant la région. La compagnie Vertical World Ltd propos, elle, un service de guide et d'encadrement professionnel pour randonnées, descentes en rappel ou canyonisme.