Une fois de plus, la semaine dernière, des
excursionnistes ont passé la nuit à Sept Cascades après s'être égarés.
Trajet de randonnée fort intéressant, il compte toutefois quelques
pièges qu'il convient de savoir éviter. Le tout est de prendre des
précautions de base pour faire face à d'éventuels incidents.
Dans la soirée de mercredi à jeudi, ce fut cette
fois au tour de quatre jeunes de 11 à 24 ans de passer la nuit, de
manière inattendue, quelque part au milieu de arbres, à Sept
Cascades. Ces derniers s'étaient retrouvés égarés après qu'une
attaque d'abeilles sauvages, connues comme mouches zako, eut
semé la panique au sein de leur groupe composé, au départ, de sept
personnes. Deux d'entre eux, une adolescente de 11 ans et une femme de
26 ans, furent sérieusement piquées tandis que l'équipe s'égara en
tentant de se mettre à l'abri. Si, après deux heures trente de
marche à travers les arbres, l'aînée de la bande parvint à
rejoindre Henrietta pour donner l'alerte, il fallut une importante
mobilisation et des heures pour évacuer les autres. Les deux blessées
furent retrouvées tard dans la soirée et transportées à l'hôpital
après avoir reçu les premiers soins au fond de la vallée. Elles s'étaient
égarées entre les troisième et quatrième cascades à une
soixantaine de mètres de la rivière. Quatorze heures de recherches
ont été nécessaires pour retrouver leurs compagnons avec lesquels
toute communication avait été coupée. Les secouristes et leurs
proches restèrent sans nouvelles des excursionnistes durant toute la
nuit. Ce n'est que le matin qu'ils furent retrouvés, loin de la piste
balisée, coincés sur une pente une centaine de mètres en dessous du
crématoire d'Henrietta. Tout un système de cordage dut être déployé
pour leur venir en aide. Remontés sains et saufs, visiblement en état
de choc, les excursionnistes ont parlé d'une dure nuit passée dans
le froid, livrés aux incessants assauts des moustiques qui pullulent
dans cette zone humide.
Sauve qui peut. Compte tenu des précédents
drames survenus sur ce même trajet, les sept randonneurs peuvent se
considérer chanceux. En 1998, une fillette avait fait une chute
mortelle dans l'une des cascades en voulant fuir une attaque de mouches
zakos. Plus récemment, un homme a eu une fracture à la jambe après
une chute. Là encore, il tentait de fuir les abeilles sauvages et a dû
être évacué, en brancard, par les secours. On ne compte plus le
nombre de personnes et de groupes qui se sont retrouvés en difficultés
dans la vallée après s'y être égarés. Si quelques uns ont pu
retrouver le sommet, après maintes péripéties, d'autres ont été
contraints d'y passer la nuit. Si ce trajet est particulièrement apprécié
des randonneurs, les interventions des secouristes, regroupant membres
des forces de l'ordre et volontaires, y sont régulières. Ce, malgré
les mises en garde et les signes de pistes peint en blanc par la SMF.
Fausses pistes. Généralement, les
excursionnistes accèdent à la vallée des Sept Cascades par deux
principales voies. La première, à quelques mètres de la gare routière
d'Henrietta, descend directement vers la station hydro-électrique du
CEB. La seconde commence dans le sens opposé, soit, non loin du réservoir
Tamarind Falls, au niveau de la première chute à partir du
haut. Dans les deux cas, il s'agit pour les randonneurs de parcourir
la vallée sur une vingtaine de kilomètres le long d'un sentier
longeant la rivière d'un côté et traversant les cascades faisant de
10 à 55 mètres. À un moment, toutefois, le parcours est interrompu
par l'une des principales chutes, contraignant les randonneurs à
improviser une voie à travers la forêt ou à remonter vers la route
par l'une des voies de sortie. Généralement, c'est à ce moment que
les excursionnistes, qui ne connaissent pas bien la région, font
fausse route. En effet, les sentiers de sortie se distinguent à peine
des faux sentiers qui conduisent au milieu de la forêt ou au pied de
falaises difficilement franchissables. Certaines de ces fausses pistes,
explique Govind Tannoo, guide de la région, sont les œuvres des
cueilleurs de goyaves de Chine. De
son côté, Krish Hurdowar, directeur de la compagnie Vertical
World Ltd, explique que les pertes à Sept Cascades sont
principalement dues à une mauvaise préparation. Souvent, c'est le
temps qui joue contre les randonneurs, ces derniers se retrouvant
soudainement surpris par l'obscurité. Toute progression est alors
hasardeuse en raison des pentes abruptes et glissantes et des précipices
dissimulés par la végétation. L'idéal, dans une telle situation,
est de rester sur place dans l'attente des secours.
Conseils
Comme règle
de base pour toute randonnée : une préparation minutieuse. Ce qui
comprend, avant tout, comme l'explique Krish Hurdowar, de s'assurer
que la météo est propice pour une sortie. Côté précautions, il
est conseillé aux excursionnistes de ranger dans un coin de leurs
sacs à dos du matériel supplémentaire : vêtements chauds,
nourriture et boisson supplémentaires, torche électrique, réchaud
portatif et une trousse de premiers soins. Il est aussi important de
prévenir l'un de ses proches du trajet choisi et de l'heure
approximative du retour, car, dans certaines régions - dont Sept
Cascades -, la communication par téléphone portable étant
difficile, cette précaution s'avère souvent déterminante en cas
de perte. En cas de difficulté, les autorités policières doivent
être informées puisque ce sont elles qui organisent les secours.
Il est aussi fortement conseillé de louer les services d'un des
guides habitant la région. La compagnie Vertical World Ltd
propos, elle, un service de guide et d'encadrement professionnel
pour randonnées, descentes en rappel ou canyonisme.